Fermer
Vietnam

Lettre ouverte d’une ancienne expatriée au Vietnam: Je regrette tellement

Lettre ouverte au Vietnam

Très cher Vietnam,

Je t’écris cette lettre pour te présenter mes plus sincères excuses.

En effet, je t’ai jugé sans vraiment te connaître alors que toi, tu m’as énormément donné. Je me sens un peu honteuse, mais il vaut mieux faire des excuses tard que jamais. C’est pour cette raison que je prends aujourd’hui mon courage à deux mains et ma plus belle plume pour t’exprimer mes profonds regrets.

Par où commencer? Peut-être en te racontant une histoire? Mon histoire?

Tout à commencé en février 2014, quand j’ai posé le pied sur ton territoire pour la première fois. Je m’apprêtais à faire mon stage de fin d’études dans ta capitale, Hanoï. J’avais déjà beaucoup voyagé, je m’étais aussi expatriée plusieurs fois, mais presque toujours en Europe.
Je ne connaissais de l’Asie que le Japon où j’avais fait un voyage dix ans plus tôt. Autant dire que je ne connaissais rien de toi. Pourtant, je me sentais forte, prête à vivre n’importe où et sûre de pouvoir m’adapter à toutes les situations. Tu sais, les voyages en solo donnent de l’assurance, et la jeunesse nous apporte un faux sentiment d’invincibilité. Je pense que tu es bien placé pour le savoir puisque tu rencontres bon nombre de jeunes backpackers comme moi.

Enfin bon… J’avoue que je m’étais légèrement sur-estimée. Dès mon arrivée dans les petites ruelles du vieux quartier de Hoan Kiem, j’ai tout de suite compris que l’aventure qui m’attendait était bien plus grande que prévue. Mais fierté oblige, je n’ai rien montré. Je suis allé manger un bout, puis j’ai passé la première journée chez toi recroquevillée dans mon lit. Tu me faisais trop peur. Je n’osais pas sortir au grand jour pour t’affronter. Je ne pensais pas que tu enregistrais une population de 90 millions d’habitants, et que ces personnes aimaient parler fort et klaxonner à tout va.

Au bout du deuxième jour, c’est mon estomac qui m’a forcé à sortir du terrier. Mais je t’avoue aujourd’hui avoir longuement regardé les vols retour pour la France… Je me sentais un peu comme dans une relation forcée. Je pensais que ça n’allais jamais coller entre nous. Tu avais l’air bien trop excentrique pour moi.

Après ça, je me suis quand même reprise en main. Je me suis dit qu’il fallait te laisser une chance, je devais chercher à te connaître. Alors j’ai pris le train pour Hue avec l’idée de découvrir tes différentes facettes jusqu’au Sud.

Et là… Wahou! Tu m’as impressionnée. Tu as vraiment mis le paquet! Dès le premier soir, tu m’as permis de rencontrer quatre voyageurs bien sympathiques. C’est d’ailleurs grâce à eux que j’ai conduit une moto pour le première fois à l’étranger. Cette petite étincelle m’a redonné confiance en moi. Tu as fait renaître mon goût de l’aventure. C’est grâce à toi que j’ai finalement traversé plus de 1000 kilomètres sur un vieux scooter rouillé.

Même si tu m’as rendu heureuse, tu m’as aussi donné pas mal de fil à retordre. Tu te rappelles le jour où mon accélérateur est resté bloqué et où mes freins ont lâché? Ou ce jour où mon pneu à crevé au fin fond de nulle-part un soir de pluie? Ouais. T’as quand même été vache avec moi.

Mais bon, j’essaye de voir tes bons côtés. Et Dieu sait que tu en as. Tu m’as offert l’hospitalité à de nombreuses reprises, comme cette fois où on a bu de l’alcool de riz en famille. Tu m’as aussi épargné pas mal d’amendes, et… Je l’avoue… Même si ça me gêne de te dire ça… Tu m’as éblouie par ta beauté.

Arffff… Changeons de sujet je vais devenir écarlate.

J’en étais où? Ah oui. L’histoire… Bref. Tu m’as finalement séduite pendant ces 2 semaines de test. Tu m’as même complètement retournée. C’est dingue l’emprise que tu as eu sur moi. Je ne m’étais jamais sentie aussi libre, aussi heureuse, et aussi amoureuse. Je me sentais pousser des ailes. Car oui. Je voyageais seule depuis déjà plusieurs années, mais je n’avais jamais traversé un pays à moto. Je ne m’étais jamais fait arrêter par la Police, je n’avais jamais perdu mon sac et tout et tout. Toutes ces nouvelles expériences, c’est grâce à toi.

Mais par dessus tout, tu m’as redonné foi en l’amour. Moi qui avais le cœur tout sec depuis longtemps. Moi qui n’arrivais pas à m’attacher à qui que ce soit. Tu m’as permis de m’ouvrir comme un lotus. Lentement, en prenant le temps pour ne pas me brusquer. Tu m’as fait rencontrer un homme merveilleux qui lui aussi à changé ma vie.

Je sais ce que tu vas me dire:
“-Vous n’êtes plus ensemble… Bla bla bla.”

Oui. Mais n’empêche que cette rencontre a changé ma vie. Il m’a permis d’être la femme que je suis aujourd’hui. Plus forte, qui ne s’attarde pas sur le passé (à part maintenant en t’écrivant cette lettre). Une femme reconnaissante pour le bonheur qu’on lui donne mais qui ne boude pas quand une personne part. J’ai été incroyablement heureuse, et je le suis encore aujourd’hui, différemment. Ok, j’ai beaucoup souffert aussi. Mais ce n’est rien comparé à la dose de bonheur que j’ai pris en route. Rien du tout.

Donc, oui Vietnam. Tu m’as énormément donné. Et moi, bêtement, je me suis comportée avec toi comme une enfant gâtée. Ça avait bien commencé entre nous pourtant.

À l’époque, je disais que c’était la faute du Cambodge. Mais en fait non. C’était la mienne. Parce que ok le Cambodge a vraiment usé de son charme avec moi. Mais je n’étais pas obligée de tomber dans le panneau. J’ai été sotte. Il m’a séduite les deux premières semaines en me montrant son plus beau profil: deux semaines romantiques sur les îles. Ça fait cliché mais ça a marché à fond.

Et puis une fois qu’il a vu que je n’étais pas insensible à ses charmes, il m’a piégée. Il m’a d’abord droguée deux jours avant mon vol retour vers toi. Puis quand il a vu, une semaine plus tard, que j’allais quand même revenir dans tes bras, il m’a carrément volé mon argent et mes papiers pour m’empêcher de le quitter.

Et moi, j’étais amoureuse, naïve et donc complètement aveugle. Je me suis attachée à lui. Et quand le moment fut venu de te retrouver pour mon stage, … Arrrrg. Mon cœur était complètement en vrac. Je ne pensais plus qu’au Cambodge qui avait gardé l’homme que j’aimais. Du coup, je t’en voulais. Je me sentais prisonnière de ma relation avec toi.

Et comme les semaines et les mois ont passé, on est devenu comme ces vieux couples qui ne se regardent plus. J’étais avec toi mais je pensais secrètement à retrouver le Cambodge. Je ne t’ai pas comblé comme tu le méritais. Du coup tu as du le sentir. Et tu m’as fait la misère. J’étais fauché suite à mon aventure avec le Cambodge, et toi tu me montrais plein de belles expériences que je ne pouvais me permettre.

Au boulot aussi, tu ne m’as pas rendu la tâche facile. Travailler avec les Vietnamiens n’était pas de tout repos. Et le patron se montrait dur avec la gente féminine. J’en ai fini par te haïr. Je t’en voulais de me rendre la vie si dure. Je ne comprenais pas à l’époque que tout ça était en grande partie de ma faute. Plus je me fermais à toi et plus tu me mettais à l’épreuve. Si seulement j’avais lâché-prise, tout aurait été tellement plus simple entre nous. On aurait pu trouver un terrain d’entente, affronter les coups durs ensemble. Mais je n’étais pas prête. Pas assez mature en fait.

Le jour où j’ai enfin pu te quitter, je me suis sentie soulagée. J’allais enfin retrouver ton voisin le Cambodge avec qui je te trompais. Il avait gardé l’homme que j’aimais pendant ces quatre longs mois. Entre temps, cet homme m’avait quitté car il était trop jeune pour construire quelque chose, il voulait voyager. Mon cœur avait été brisé, mais le Cambodge m’appelait quand même. Va savoir pourquoi. On perd tout côté rationnel quand on est jeune, con et amoureux.

Puis les années ont passé. Je ne t’ai pas recontacté. Je me suis reconstruite petit à petit loin de toi. Je suis allée travailler en Pologne, puis en France. Toi et moi c’était du passé, bien que je repense souvent à toi le soir avant d’aller dormir. Quelle infidèle je suis.

Et puis un jour j’ai tout envoyé bouler. Je n’en pouvais plus de ce boulot mal payé et de cette vie si monotone en France. Je voulais revivre quelque chose d’aussi intense que notre rencontre. Mais comme je n’étais pas du genre à recycler mes ex, j’ai voyagé dans d’autres pays d’Asie. De toute façon, je t’avais déjà fait cocu avec le Cambodge, et on était séparés depuis longtemps. Ça a duré presque un an et demi jusqu’à ce jour. Ce jour de janvier 2018… Ce jour où je devais quitter la Thaïlande, mon nouveau chez moi, pour refaire un VISA. Tout était possible. Bornéo était en ligne de mire, Sumatra aussi. Taiwan me faisait carrément de l’œil. Il fallait choisir.

Et puis je suis tombée sur ces vols pour Hanoï. J’ai réfléchi un peu. Est-ce que je veux te revoir?

OUI! Bien sûr que je veux te revoir. Après quatre ans, toutes ces émotions ont été digérées. Et on a quand même fait un bout de chemin ensemble. Allez! Retrouvons-nous pendant quelques jours pour parler de nos vies, voir comment on a changé. Je veux te voir avec mes nouveaux yeux. Je pense avoir suffisamment mûri pour pouvoir t’apprécier tel que tu es.

Tu sais, j’ai beaucoup changé. J’espère que tu le verras. Je ne suis plus cette jeune fille naïve et volage qui s’enfuit voir un autre pays quand elle a des difficultés. Je ne prétends plus te connaître mieux que tout le monde juste parce qu’on a passé quelques mois ensemble. Je suis descendu de mon piédestal de voyageuse-aventurière que je croyais être à l’époque.

Cette fois, je viens comme je suis. Simple, sans attente. J’aimerais qu’on se reconquérisse, qu’on recommence sur de bonnes bases. Je te promets de ne pas te juger, juste t’observer. Je veux réparer le mal que je t’ai fait. Car oui je te le dis quand même… Tu m’as manqué Vietnam.

 

Si vous cherchez des idées de visites et activités à faire à Hanoï, allez voir mon article qui vous donne 20 pistes (de la plus classique à la plus originale)…

Si c’est plus la culture vietnamienne qui vous botte, dans ce cas mon lexique du voyage au Vietnam va vous plaire.

 

 

Vous n’avez pas encore réservé vos vols pour Hanoï?

 

Ou peut-être vous faut-il une chambre d’hôtel?



Booking.com

Fany

L'auteur Fany

Voyageuse spontanée. Expat multirécidiviste et cheese addict. Je partage avec vous plein de conseils et bonnes adresses pour organiser vos voyages en Asie et en Europe. Rejoignez-moi sur mon profil Google+

6 commentaires

  1. Je reviens enfin pour commenter ce texte et <3 Il est vraiment sincère et j'ai adoré découvrir cette destination à travers ton écrit. Je n'étais jamais tombée sur un récit de ce style parlant d'un pays ou d'une ville mais je dois avouer que le tien me touche particulièrement parce qu'on est tellement sur la même longueur d'onde ! Eh oui, j'ai moi-même écrit une sorte de déclaration à Venise en m'adressant à elle 😉 Je pense la publier ce jeudi si tout se passe bien mais j'ai un peu 'peur' puisque, tu dois le savoir pour l'avoir fait, il s'agit d'un style très personnel où on se livre beaucoup… J'espère que j'oserai le publier 😉

    1. Salut Arzu!

      Vas-y! Publie ton article! J’ai aussi écris ce texte comme ça, sans avoir l’intention de le partager à qui que ce soit. Et puis un jour, j’étais à cours d’articles, et je me suis dit: Pourquoi ne pas tenter? J’ai angoissé un bon coup et j’ai cliqué sur « Publier ». J’avais l’impression de danser toute nue face à la terre entière, et au final, c’est l’article qui a reçu les meilleures critiques et les meilleurs retours. Comme quoi… Qui ne tente rien n’a rien. 😉

  2. Je suis tombée sur ton texte au hasard de mes clics sur twitter puis ici… et whoua, superbe texte, votre hsitoire tumultueuse m’a hapée ! Tu peux t’essayer de nouveau à l’exercice quand tu veux, je trouve que c’est très reussi, et ça titille d’aller découvrir le Vietnam ! Bon je vais aller lire la suite ! 🙂 (ou l’avant ! )

    1. Wouhaa! Merci Chrys pour cet encouragement. Je vais définitivement essayer d’écrire d’autres articles de ce genre dans les prochaines semaines… 😄

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.